Libération de Brest

Hommage aux fusillés du Bouguen
jeudi 19 septembre 2013
par  Parlons-en !
popularité : 6%

JPEG - 366.6 ko

Dans le cadre des commémorations du 69 e anniversaire de la libération de Brest, François Cuillandre, maire de Brest accompagné de Jacqueline Here, maire adjointe de Bellevue et de Charles Paperon, coprésident de l’association nationale des anciens combattants de la Résistance (ANACR) a déposé une gerbe devant la stéle en mémoire des fusillés du Bougen.

JPEG - 287.8 ko Michel Madec a lu le texte (ci dessous) avant que les élèves de troisième du collège Croas-ar-Pennoc, de Guilers, ne cite un a un les noms des résistants morts pour le France .

  • Hommage aux fusillés du Bouguen

Monsieur le Maire, Messieurs les élus municipaux, Mesdames et Messieurs représentant les Associations Patriotiques, Chers Ami(e)s,

La Gestapo, sentant le vent de la défaite en ce début d’année 1944, procédait un peu partout à l’arrestation et à la déportation des chefs et des membres des réseaux et de résistance . Les armées alliées accentuaient leur avance. Les maquisards bretons, suivant les ordres reçus, harcelaient partout l’armée allemande en déroute.

A la suite d’on en sait quelle dénonciation, la GESTAPO arrêtait dans la journée du 27 juin 1944, la plupart des chefs et plusieurs membres des réseaux de résistance “OCM”, “Century” et “Défense de la France” de Saint-Pol-de-Léon. En tout 18 patriotes saintpolitains tombaient dans les griffes de la Gestapo.

Ils étaient d’abord conduits sur Morlaix, où certains subissaient déjà les premiers coups des tortionnaires nazis pour essayer de les faire avouer et dénoncer les noms de leurs camarades de résistance.

Les dernières nouvelles reçues par leurs familles parvenaient ensuite de Brest. Pendant des mois et des années c’était en fait le silence complet sur leur sort.

JPEG - 350 ko

En juin 1962, au moment de la construction de l’IUT qui s’élève derrière nous, des ouvriers découvraient une fosse refermant de nombreux ossements. Grâce à certains objets personnels trouvés parmi ces ossements, on arrivait à identifier les restes, grâce à leur alliance notamment, comme étant ceux des résistants sainpolitains, mêlés à ceux de résistants brestois. C’est donc non loin d’ici, dans les douves de la prison du Bouguen dont les Allemands avaient pris possession dès l’été 1940 et où ils avaient dressé les poteaux d’exécution, que s’est achevé le combat de ces héros. Leurs corps furent ensuite enterrés pêle-mêle quelque-part dans le champ de tir proche de la prison, là où nous nous trouvons.

Selon Guy Caraes, c’est très probablement faute d’avoir pu constituer à temps un convoi susceptible de quitter Brest avant que les Américains n’y mettent le siège qu’un commandant allemand (non identifié à ce jour) a donné l’ordre de « liquider » les 52 prévenus de l’enclave de Pontaniou, arrêtés depuis la fin du mois de juin 1944 et, donc, en attente de jugement. Les 52 personnes seront toutes fusillées sans autre forme de procès au Bouguen. Parmi elles, les résistants brestois Viaron, Hily et Kervella, membres du corps francs “Défense de la France”.

Voici un extrait d’une lettre qu’écrivit le curé Franz U. Eich, relatant les derniers instants de ces 3 résistants fusillés en cet endroit :

“Le 9 juin, vers 22h, je me rendis à la prison de Pontaniou où un inspecteur nnonça en ma présence que l’exécution aurait lieu le lendemain matin. On assura à ces hommes qu’ils mourainet en francs-tireurs pour leur patrie et non comme des criminels. (…)

Vers 5 heures, à l’aube, je retournai dans la prison afin d’assister les prisonniers à leurs derniers moments. Ces hommes marchèrent avac dignité à la mort. (…) Ils furent exécutés l’un après l’autre au stand du plateau du Bouguen. Yves Hily fut amené le premier tandis que les autres attendaient dans une cellule voisine. Hily était grave mais il resta debout jusqu’au dernier moment. Avant que la salve meurtrière en fut tirée, il saisit ma croix et la baisé avec une émouvante tendresse. L’ordre de faire feu retentit et c’est en pronoçznt les mots de “liberté, égalité, vive la France, adieu mes parents” qu’il mourut. Puis Gaston Viaron fut emmené sur le lieu d’exécution. Lui aussi une une attitude parfaite. Il s’avança sans peur et le regard droit. Lui aussi est mort en héros. Julien Kervella mourut le dernier tout aussi héroïquement. Non seulement il se montra vaillant, mais il garda jusqu’à la fin une expresion joyeuse comme s’il était sûr de la victoire. Il s’avança souriant et courageux. Sur son désir, comme ce fut aussi celui de ses camarades, on en lui banda pas les yeux. Il me remercia en termes simples et chaleureux, se signa et entra dans la mort avec un calme admirable. “

JPEG - 336.7 ko Tous ces chefs ou membres de la résistance sont morts sans avoir connu l’allégresse de la Libération pour laquelle ils avaient pourtant tant lutté et fait le sacrifice de leur vie.

Le sacrifice de ces 23 hommes fusillés ici n’a pas été vain. Il nous permet de vivre aujourd’hui dans un pays libre, dans une Union européenne où les droits de l’Homme ne sont pas un vain mot. Que les jeunes générations méditent quelquefois sur leur sacrifice.


Agenda

<<

2017

 

<<

Décembre

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
    123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031