Une plante invasive, qu’est-ce que c’est ?

jeudi 4 octobre 2012
par  Françoise, H. Despré
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On nomme ainsi toute plante importée (exotique) qui, se multipliant en abondance une fois accoutumée à son nouvel environnement, concurrence et menace la biodiversité locale. Fleurs de Buddleia Il faut ne pas confondre plantes invasives et plantes autochtones (indigènes) envahissantes telles que l’épilobe, l’œnanthe, la fougère aigle (ou grande fougère), les roseaux. Leur présence est ancienne et naturelle. Elles sont concurrencées par les autres plantes autochtones. A contrario, l’ajonc, par exemple, peut-être considéré comme invasif s’il est introduit (accidentellement ou intentionnellement) dans d’autres régions d’où il n’est pas originaire et qu’il y prolifère. Autre exemple : la salicaire, plante indigène en France, est une plante exotique envahissante en Amérique du Nord.

En résumé, voici les caractéristiques des plantes invasives :

  • Croissance et propagation rapide
  • Absence de prédateurs ou de parasites naturels dans la région d’accueil
  • Compétitivité par rapport aux plantes indigènes
  • Capacité à occuper les milieux artificiels et perturbés Inoffensive ici, envahissante là, invasive ailleurs, le statut d’une plante n’est pas universel, ni définitif.

Le plus souvent, les plantes invasives se propagent dans et depuis nos jardins d’où elles s’échappent. Elles sont vendues en pépinières et jardineries ou par par correspondance en raison de leurs qualités ornementales, ce qui rend la lutte contre leur propagation difficile.

Et à Brest ?

Citons l’herbe de la pampa (gynérium), le laurier palme, les griffes de sorcière (carpobrotus, en bord de mer), le rhododendron pontique (ou des parcs, à fleurs violettes), la renouée du Japon, le buddleia (arbre à papillons), l’ail triquètre (à tige triangulaire, à ne pas confondre avec l’ail des ours à feuille ronde), l’ailanthe (sur les falaises du port de commerce) et certaines plantes d’eau comme la jussie et le myriophylle du Brésil (ces deux dernières plantes sont présentes dans l’étang de Kerleguer et au Stangalac’h mais pas sur le plan d’eau saumâtre de la Penfeld).

L’herbe de la pampa, introduite dans les années 1970 en Bretagne ne se ressemait tout d’abord pas. Mais profitant d’un climat favorable, elle s’est adaptée et pousse actuellement dans tous sortes de milieux, secs comme les falaises ou humides et le polder du port de commerce. La renouée du Japon prolifère au détriment de son environnement, grâce à son feuillage couvrant. Elle est très difficile à éradiquer car pourvue de racines traçantes. Elle se développe très vite, c’est une plante très vigoureuse. On la trouve surtout en zones de friches et remblais. Par exemple, au sortir du rond point de Pen ar Ch’leuz, en direction de la voie express vers Morlaix, au pied de la plupart des poteaux de lampadaires pousse la renouée du Japon. On la trouve aussi autour des rives de Penfeld, de l’étang de Kerleguer et au Stangalac’h. Renoué du japon Le buddleia s’est échappé des jardins et foisonne actuellement y compris dans les joints des murs en pierres qu’il descelle. La griffe de sorcière abonde sur les côtes et les bords de plage. Entre Plougonvelin et St Mathieu, cette plante est présente mais aucune lutte n’est menée ; la lutte contre la griffe de sorcière ainsi que contre le Baccharis halimifolia (aussi appelé séneçon en arbre) ne concerne que la presqu’île de Crozon. Leur pouvoir couvrant réduit à néant la diversité locale.

Par la pratique et l’observation dans le temps des plantes introduites on détermine si une plante est invasive ou non. Par exemple, le rhododendron pontique a été et continue à être utilisé par Brest métropole océane parce que c’est une plante bien identifiée à notre région, qui se développe bien en sous-bois et qui constitue un espace étagé avec les arbres. Mais son comportement le fait considérer actuellement comme une plante invasive car il se développe exagérément et son feuillage prive la végétation voisine de toute lumière. Brest métropole océane réfléchit actuellement à l’utilisation d’autres plantes pour le remplacer. La même réflexion est engagée pour le laurier palme qui produit les mêmes effets. Herbe de la Pampa Aujourd’hui, un doute plane sur certaines graminées. Brest métropole océane en plante, comme le miscanthus (herbe aux éléphants) qui agrémente la RD 205, mais le conservatoire botanique a alerté sur le potentiel invasif de ce genre de graminées. Actuellement, en région Bretagne, on recense 20 plantes invasives, 22 plantes invasives potentielles et 60 plantes à surveiller. Retenons les 3 plantes terrestres invasives terrestres qui posent le plus de problèmes sur Brest en ce moment : herbe de la pampa, buddleia, renouée du Japon.

Bien d’autres sont sur la liste scélérate comme la spartine à fleurs alternes, l’élodée dense ou la crassule de Helms, toutes deux menaçant le milieu marécageux ou aquatique.

Que peut-on faire pour lutter contre les plantes invasives ?

Concernant la collectivité, dans les parcs de la ville, veiller est une mission quotidienne des jardiniers de Brest métropole océane qui interviennent en temps opportun (arrachage…). Dès que des travaux sont finis, l’occupation du terrain est prioritaire, en semant du trèfle ou du gazon par exemple, pour freiner la colonisation par les plantes invasives, qui ont un fort pouvoir de propagation. Pour les plans d’eau douce et les marais, aucune véritable solution n’est satisfaisante.

Nous concernant, dans nos jardins partagés ou privés, il y a deux interdits :

  • Ne pas les brûler dans son jardin (article 84 du règlement sanitaire départemental)
  • Ne pas les disséminer en les jetant dans la nature Agir pour en limiter l’impact :
  • Ne pas les planter ou ne pas les semer (même si elles sont vendues en jardinerie ou sur catalogue). Il existe quantité de plantes de substitution, toutes aussi jolies.
  • Tailler les fleurs dès leur flétrissement pour éviter l’apparition des graines ou des fruits. Mais l’intérêt floral de l’herbe de la pampa disparaît avec la suppression du panache des hampes. Agir pour les enlever définitivement :
  • Retirer les plantes avec toutes les racines et surveiller fréquemment la repousse probable.
  • Effectuer des coupes rases répétées (par exemple pour l’ail triquètre) pour épuiser les bulbes.
  • Bâcher les souches à l’aide d’un plastique épais et opaque pendant au mois un an (herbe de la pampa).

Les plantes invasives ne doivent pas être compostées ni envoyées en déchets verts afin de prévenir la dissémination (risque de bouturage). La meilleure solution, pour le particulier, est de les emballer en sac plastique et de les jeter avec les déchets ménagers pour incinération.

Françoise et Hubert Despré , d’après les propos recueillis auprès de M. Joseph Tanguy, technicien maintenance des espaces verts à Brest métropole océane.

Autres sources :

Conseil départemental.

Conservatoire botanique.

Wikipédia.