Les oiseaux des rives de Penfeld

dimanche 2 décembre 2012
par  Françoise
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Le promeneur des rives de Penfeld aperçoit en premier lieu les oiseaux aquatiques ou marins les plus assidus en station sur le plan d’eau : la mouette rieuse, le goéland argenté (le plus fréquent en ville), le grand cormoran, le héron cendré, l’aigrette blanche dite garzette. Ces deux derniers oiseaux sont des échassiers pêchant en eaux peu profondes et c’est donc quand le plan d’eau de la Penfeld est bas qu’on peut plus sûrement les observer. Le grand cormoran - Photo Dominique Marques

Le grand cormoran est fréquemment perché sur les pieux, ailes étendues pour les sécher. Contrairement aux autres oiseaux marins, il n’a pas le plumage gras et doit se sécher après s’être nourri. On peut aussi l’observer pratiquer sa technique de pêche : il bat des ailes à la surface de l’eau, affolant les poissons qu’il localise ainsi et qu’il peut ensuite attraper en plongeant. Il vole en rasant le plan d’eau. Il n’y a pas de concurrence entre le goéland et le cormoran : le premier attrape ce qui flotte ou nage en surface tandis que le second plonge pour se nourrir de la faune sub-surface.

La diminution de la population de goélands ces dernières années est due d’une part à la campagne de stérilisation des œufs et d’autre part à la fermeture de la décharge à ciel ouvert du Spernot connu comme le plus grand « restaurant à goélands » d’Europe.

Le promeneur peut aussi observer couramment les canard. Le colvert, à tête vert métallique et collier blanc, bandeau miroir bleu (métallique également) bordé de blanc aux ailes est présent toute l’année. La femelle est beige mouchetée de brun, très discrète mais conserve le miroir bleu bordé aux ailes. Hors période nuptiale, le mâle devient plus discret et peu parfois être confondu avec la femelle. La présence du morillon est fréquente. Le mâle est blanc dessous et noir avec la tête noire à reflets violacés. Une grande crête lui tombe sur la nuque, surtout au printemps. La femelle et les jeunes sont de couleur marron. La foulque habillée de noir avec plaque frontale blanche au-dessus du bec fait aussi partie des hôtes fréquents. Elle est très agressive si elle doit défendre son territoire.

La poule d’eau ou gallinule est sombre et peut paraître noire, avec plaque frontale et bec rouges, bande blanche sur les côtés souvent cachée par les ailes. Ses mouvements de tête sont assez semblables à ceux des poules de basse-cour.

Le grèbe castagneux a la gorge et les joues rousses l’été, tournant au beige gris l’hiver. Il est très vif et plonge sans relâche. Le martin-pêcheur, dos et ailes bleu-vert métallique, dessous roux, pêche à l’affût, perché sur des branches basses surplombant l’eau. Il est très vif et très farouche, son vol est acrobatique.

Sur les bords de l’eau, on peut observer deux types de bergeronnettes : la grise et celle des ruisseaux, plus rarement la printanière. Elles se nourrissent d’insectes (moustiques, moucherons). Le très commun pigeon ramier niche et perche dans les arbres tout autour de la Penfeld. Il est très bruyant à l’envol et aisément repérable. La tourterelle turque est la plus fréquemment observée des tourterelles.

Parmi les passereaux, on peut facilement croiser le rouge-gorge, peu farouche et même effronté face aux humains. Il vit en solitaire en dehors de la période nuptiale, tellement il est teigneux avec ses congénères et avec sa femelle. Les mésanges bleues, charbonnières et longues queues sont également très présentes. Le moineau et le faux moineau ou accenteur mouchet (avec des joues grises) fréquentent aussi les abords de la Penfeld.

Dans les bois autour de Penfeld, on peut surprendre – difficilement – la furtive sitelle torchepot (marron ocre, dos gris bleuté) qui grimpe en spirale le long des troncs ou en descend tête en bas à l’allure d’un bolide. Le promeneur peut aussi remarquer les roitelets (roitelet huppé et roitelet triple bandeau), les pinsons, les étourneaux au chant mélodieux et bons imitateurs, le merle en abondance, facile à repérer : il fouille énergiquement dans les feuilles mortes, bruyamment, sans aucune discrétion. C’est aussi un chanteur chevronné.

En période froide principalement, on peut observer les grives : la musicienne - encore une chanteuse de talent - et la mauvis qui picorent dans les prés, dans les espaces dégagés autour des jeux par exemple. Difficile de ne pas les confondre.

Un observateur attentif remarquera le troglodyte, le plus petit oiseau d’Europe, minuscule boule brune avec une queue bien dressée, à la posture élégante. Il vit près du sol essentiellement.

Il y a aussi les oiseaux de passage en période froide : le verdier, le bouvreuil, le tarin des aulnes, le chardonneret.

Un promeneur averti pourra peut-être apercevoir quelques rapaces : ils ne nichent pas sur les rives mais on peut parfois observer l’épervier et la buse qui tournent au-dessus de la Penfeld ou entendre la chouette effraie.

On peut aussi noter, vers Kervallon, un dortoir nichoir d’une cinquantaine de couples de corbeaux freux, qui arrivent vers 17-18h de Traon Bihan, ainsi que, depuis une quinzaine de jours, des choucas. Ce sont des petits corvidés noirs aux yeux d’un bleu très pâle, plumage gris ardoise au cou et à la nuque, de la taille du pigeon. En dehors de la taille et des couleurs, c’est surtout la silhouette et les attitudes qui permettent d’identifier un oiseau.

Nos rives de Penfeld abritent une cinquantaine d’espèces d’oiseaux, assidus ou hôtes occasionnels, de l’insignifiant troglodyte au cygne majestueux mais taciturne.

Françoise et Hubert Despré

D’après les propos recueillis auprès de Dominique Marques, ornithologue amateur de Bretagne vivante. Site internet : www.mhyrdin.fr Autre source : Quel est donc cet oiseau ? ; W. Cerny et K. Drchal ; éditions Nathan ; 1976